On Ă  Ă©coutĂ© pour vous … DĂ©troit – Horizons

Cela fait quelques jours que l’album Horizons de Détroit est sorti et évidemment, il me le fallait ! J’en avais déjà entendu quelques titres : Droit dans le soleil, Null and Void, Horizon et la session acoustique du groupe sur Deezer et à chaque fois j’en restais sans voix, sur le cul comme on dit. Alors forcément, ça ne suffisait pas. Il fallait l’album ! Et ne me parlez pas de l’album téléchargé (légalement évidemment !), non non non, c’est le CD que je voulais ! Rien de tel que de découper le plastique, ouvrir le boitier, découvrir le cd et son livret avant et pendant l’écoute. Le boitier est simple : la couverture, un arbre peint et une photo de Bertrand Cantat et Pascal Humbert. Dans le livret on trouve les paroles des chansons et  l’image de la couverture (peinture faite à partir d’une photo de Bertrand Cantat) déclinée d’autant de façons qu’il y a de chansons. Bref, rien que ça c’est déjà inspirant.

Mais, même si le boitier a toute son importance pour moi, l’essentiel reste quand même le contenu du CD ! Au moment où j’écris j’écoute le 6ème titre, Horizon, probablement un de mes préférés … même si je me suis déjà dit ça plusieurs fois. Cela commence tout doucement avec juste une guitare et la voix de Bertrant Cantat sur des textes qui rappellent son passé carcéral. Des paroles qui, entre chant et slam par moment, ne peuvent laisser indifférent. On est finalement emporté par les derniers instants où la musique s’emballe et puis s’arrête … pour terminer sur la mélodie simple du début.

On enchaîne avec le magnifique Droit dans le soleil. Comment ne pas rester subjugué par cette simple et douce mélodie qui a ça de génial qu’elle arrive à porter la voix et les paroles au premier plan. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, le clip aussi simple et efficace est disponible sur Youtube.

Suit après Le creux de ta main dont la musique nous rappelle un certain groupe de rock français … Noir Désir je crois. Et puis la sublime ligne de basse sur Sa Majesté.

Difficile de vous parler de tous les titres, de vous en faire une description objective tellement l’album est personnel … dans sa composition et son interprétation et dans la façon dont nous-mêmes nous nous l’approprions.  Je ne peux m’empêcher, par exemple, de penser que Ma Muse, le premier titre n’a pas été mis là par hasard. Un peu comme un message caché aux fans :

« les braises incandescentes sont encore

sous la cendre froide

autrement dit : « Sois toujours…

au rendez-vous » »

Comme si l’envie de composer avait toujours été présente, enfouie quelque part, et que cela resurgirait tôt ou tard. Sois toujours au rendez-vous … l’artiste avait envie que son public l’attende, qu’il ne l’oublie pas. Voilà mon interprétation, elle n’engage que moi, je me trompe peut-être complètement.

Une chose est certaine, tout est fait pour qu’on ne reste pas insensible. Des mélodies simples et efficaces, parfois rock avec des instruments variés jamais placés par hasard.  Des notes de basse aux lents coups d’archet en passant par l’harmonica, tout est calculé, ni trop ni trop peu. Juste ce qu’il faut. Les textes, même si chacun peut y comprendre ce qu’il veut (et n’est-ce pas là leur richesse d’ailleurs ?) sont de vrais poèmes dont on boit les vers en français comme en anglais. Enfin, que dire du chant ? Du grand Cantat, sans aucun doute ! Tantôt posée, tantôt venant du plus profond de ses tripes la voix est vecteur d’émotions, comme s’il chantait pour la dernière fois…

Alors que non, on suppose (on espère en tout cas) que ces morceaux il aura l’occasion de les chanter encore et encore … mais en live ! On veut voir ça. On veut le vivre en vrai, le partager en direct avec le groupe.

Bref, un album rock aux rythmes assez lents, sur lequel on trouve peu de riffs puissants de guitare. Finalement, il a de rock ce qu’il se passe au plus profond de soi à chaque titre, à chaque son de violoncelle, à chaque mot, à chaque note ! Comme un tableau de maître devant lequel on reste des heures assis … Horizons fait partie de ces albums que l’on vit de l’intérieur, la bouche ouverte, coupé du temps : un chef d’œuvre !

PS : comme le treizième mois qui fait toujours plaisir, ceux qui ont acheté l’album auront la surprise de découvrir une treizième chanson cachée ! Pratique que je pensais d’un temps révolu … quand j’étais ado j’écoutais toujours la fin des albums en premier pour voir s’il y avait quelque chose de caché … ça me manquait ! Merci Détroit !

L’album est en Ă©coute intĂ©grale sur DEEZER.

Écrit par Patricia Herens